Gestion des émotions et hypersensibilité
Les émotions ne sont pas des obstacles à neutraliser. Ce sont des messagers — encore faut-il apprendre à les lire sans être submergé.
Les émotions ne sont pas un problème
Une émotion nous informe de ce qui se passe en nous, de ce qui nous touche, nous blesse, nous met en insécurité ou vient réveiller quelque chose de plus ancien.
Mais parfois, elle déborde.
La colère monte trop vite. La tristesse prend toute la place. Une remarque reste en tête pendant des heures. Un conflit continue de tourner bien après qu’il soit terminé. On absorbe l’ambiance, les tensions, les émotions des autres.
Et parfois, c’est l’inverse : on ne ressent presque plus rien. On comprend ce qui s’est passé, on sait l’expliquer, mais quelque chose semble coupé à l’intérieur.
Dans les deux cas, l’enjeu n’est pas de ressentir moins.
Il s’agit de retrouver une relation plus libre et plus juste avec ses émotions.
Quand les émotions prennent toute la place
Vous savez parfois très bien que votre réaction est plus forte que la situation elle-même.
Vous savez que cette remarque ne devrait pas vous atteindre autant.
Vous savez que ce silence ne signifie pas forcément un rejet.
Vous savez que ce conflit n’est pas une catastrophe.
Et pourtant, l’émotion est là.
Elle monte dans le corps avant même que vous ayez eu le temps de réfléchir.
C’est souvent là que se situe la difficulté : la tête comprend, mais l’émotion continue de réagir.
Cela peut entraîner de la culpabilité, de l’incompréhension, une impression d’être « trop sensible », de réagir trop fort ou de ne pas réussir à se maîtriser.
Pourtant, une réaction émotionnelle a rarement lieu au hasard.
Elle vient souvent toucher une expérience, une peur, une blessure ou une insécurité déjà présente.
Ressentir trop… ou ne plus ressentir
La difficulté émotionnelle ne se traduit pas toujours par une hypersensibilité.
Certaines personnes ressentent tout très intensément.
Elles perçoivent immédiatement les changements d’ambiance, les tensions, les réactions des autres. Elles peuvent être profondément touchées par une remarque, un conflit, une injustice ou une distance relationnelle.
D’autres, au contraire, ont appris à contenir.
Elles rationalisent beaucoup, maîtrisent leurs réactions, fonctionnent essentiellement avec leur tête et ont parfois du mal à identifier ce qu’elles ressentent réellement.
Elles peuvent raconter des événements difficiles sans ressentir grand-chose, avoir du mal à pleurer ou avoir le sentiment d’être coupées d’une partie d’elles-mêmes.
Cette coupure peut avoir été une manière de se protéger.
Dans un cas comme dans l’autre, le travail consiste à retrouver une circulation émotionnelle plus équilibrée : pouvoir ressentir sans être débordé, mais également sans avoir besoin de se couper de soi.
Trois temps pour retrouver une liberté émotionnelle
Comprendre
La première étape consiste à mettre du sens sur ce qui se passe.
Qu’est-ce qui déclenche cette émotion ?
Pourquoi certaines situations vous touchent-elles autant ?
Pourquoi certaines remarques passent-elles sans difficulté alors que d’autres réveillent immédiatement de la peur, de la colère, de la honte, de la tristesse ou un sentiment de rejet ?
Nous allons chercher à identifier les situations déclenchantes, les schémas qui se répètent et ce que l’émotion vient réellement raconter.
Comprendre permet de sortir progressivement de la sensation de subir des réactions incompréhensibles.
Mais comprendre ne suffit pas toujours.
Libérer
On peut parfaitement savoir pourquoi une situation nous touche… et continuer à ressentir exactement la même chose lorsqu’elle se reproduit.
Parce que l’émotion ne se situe pas uniquement dans la compréhension.
Certaines expériences laissent une charge émotionnelle qui continue de se réactiver dans le présent.
Le travail consiste alors à aller chercher ce qui reste accroché émotionnellement : une peur ancienne, un sentiment de rejet, une insécurité, une colère non exprimée, une blessure relationnelle ou une expérience qui n’a pas été pleinement intégrée.
Selon les besoins, nous pouvons notamment utiliser l’EFT, l’hypnose régressive ou d’autres approches.
L’objectif n’est pas d’effacer votre histoire.
Il s’agit que votre histoire cesse de provoquer automatiquement les mêmes réactions dans votre présent.
Réguler
Enfin, nous travaillons sur ce qui se passe lorsque l’émotion apparaît aujourd’hui.
La reconnaître.
Identifier ce qu’elle vient signaler.
Apprendre à ne pas réagir immédiatement sous son impulsion.
Retrouver progressivement un espace entre ce que vous ressentez et ce que vous décidez d’en faire.
La sophrologie, l’EFT, la respiration et différents outils corporels peuvent permettre de mieux traverser les moments de débordement et de retrouver plus rapidement un état d’équilibre.
Avec le temps, il devient possible de ressentir une émotion sans qu’elle prenne toute la place.
Le but n’est pas de contrôler vos émotions. C’est de ne plus être contrôlé par elles.
Et l’hypersensibilité ?
Être hypersensible ne signifie pas être fragile.
Une sensibilité importante peut aussi s’accompagner d’une grande capacité d’empathie, d’une perception très fine des autres, des ambiances et de son environnement, d’une forte intuition ou d’une grande richesse intérieure.
La difficulté apparaît lorsque cette sensibilité devient épuisante.
Lorsque vous absorbez facilement les émotions des autres.
Lorsque les conflits vous affectent longtemps.
Lorsque les stimuli, les tensions ou les relations vous saturent rapidement.
Ou lorsque vous avez le sentiment de devoir constamment vous protéger de ce qui vous entoure.
Le travail ne consiste donc pas à devenir moins sensible.
Il consiste à ne plus subir votre sensibilité.
Lorsqu’elle est mieux comprise, mieux régulée et davantage différenciée de ce qui appartient aux autres, elle peut devenir une véritable ressource.
Ce qui peut vous amener à consulter
Vous pouvez notamment vous reconnaître dans certaines de ces situations :
- émotions très intenses ou difficiles à réguler ;
- hypersensibilité ;
- tendance à tout prendre à cœur ;
- peur du rejet ou de l’abandon ;
- colère qui monte très rapidement ;
- pleurs fréquents ou difficiles à contenir ;
- grande réactivité émotionnelle ;
- rumination après un conflit ou une remarque ;
- difficulté à retrouver son calme ;
- tendance à absorber les émotions des autres ;
- difficulté à poser ses limites ;
- culpabilité ou honte importantes ;
- anxiété ou peur difficile à comprendre ;
- impression d’être constamment en alerte ;
- difficulté à identifier ses émotions ;
- sentiment d’être coupé de son ressenti ;
- difficulté à pleurer ou à se laisser toucher ;
- besoin de tout contrôler pour éviter d’être débordé.
L’objectif n’est pas de devenir impassible.
C’est de pouvoir ressentir pleinement sans vous perdre dans ce que vous ressentez.
Plusieurs portes d’entrée pour un même travail
Selon votre histoire, votre fonctionnement et ce que vous traversez aujourd’hui, plusieurs approches peuvent être utilisées.
La psychologie clinique permet de comprendre les mécanismes émotionnels, l’histoire personnelle et les schémas qui se répètent.
La sophrologie permet de travailler sur la conscience corporelle, la respiration et la régulation émotionnelle.
L’EFT agit notamment sur les charges émotionnelles qui restent fortement activées malgré la compréhension.
L’hypnose régressive peut permettre d’aller explorer l’origine plus profonde de certaines réactions lorsque cela est pertinent.
Les constellations familiales et systémiques peuvent également éclairer certaines dynamiques relationnelles ou familiales plus larges.
Il n’est pas nécessaire de savoir quelle approche choisir avant de venir.
Nous déterminons ensemble, lors de la première séance, la manière de travailler la plus juste pour vous.
Comprendre ce que l’émotion raconte, libérer ce qu’elle transporte, retrouver la liberté de choisir.
Questions fréquentes
L’hypersensibilité est-elle un trouble ?
Non. L’hypersensibilité n’est pas en elle-même une pathologie. Elle décrit une sensibilité particulièrement importante aux émotions, aux relations, à l’environnement ou à certains stimuli. La question est surtout de savoir comment vous la vivez. Lorsqu’elle devient source d’épuisement, de débordement ou de souffrance, un accompagnement peut permettre de mieux comprendre votre fonctionnement et de développer une régulation plus adaptée.
Est-ce que je dois apprendre à contrôler mes émotions ?
Non. Une émotion n’a pas vocation à être supprimée ou contrôlée en permanence. Elle a une fonction. Le travail consiste davantage à comprendre ce qu’elle vient signaler, à diminuer l’intensité de certaines réactions émotionnelles et à retrouver une capacité à traverser l’émotion sans être emporté par elle.
Pourquoi est-ce que je réagis parfois très fort alors que je sais que la situation n’est pas grave ?
Parce qu’une situation actuelle peut venir réactiver quelque chose de plus ancien. Votre réaction ne correspond alors pas uniquement à ce qui se passe ici et maintenant. Elle peut également être liée à une expérience passée, une peur ou une blessure déjà présente. C’est précisément ce décalage entre ce que vous comprenez et ce que vous ressentez qui peut être travaillé.
Et si justement je ne ressens presque rien ?
C’est également une raison de consulter. Certaines personnes se sont progressivement coupées de leur ressenti émotionnel. Cela peut être une manière de se protéger lorsqu’une émotion a été trop difficile à vivre ou lorsqu’elles ont appris très tôt qu’il valait mieux ne pas montrer ce qu’elles ressentaient. Le travail consiste alors à retrouver progressivement l’accès au ressenti, sans forcer.
Est-ce que je vais devoir revivre des souvenirs douloureux ?
Non. Le travail se fait à votre rythme. Il n’est pas nécessaire de revivre une expérience dans toute son intensité pour travailler sur la charge émotionnelle qui y reste associée. Certaines approches permettent justement de travailler progressivement tout en maintenant un sentiment de sécurité.
Combien de séances faut-il ?
Il n’existe pas de nombre de séances identique pour tout le monde. Cela dépend de votre histoire, de l’ancienneté des difficultés, de leur intensité et de ce que vous souhaitez transformer. La première séance permet de faire le point et de déterminer ensemble la manière de travailler la plus adaptée.
Un premier rendez-vous pour faire le point
La première séance permet de comprendre ce qui se passe aujourd’hui, d’identifier les situations qui déclenchent vos réactions émotionnelles et de préciser ce que vous souhaitez voir évoluer. Nous déterminons ensuite ensemble l’approche ou la combinaison d’approches la plus adaptée.