Juliette PhillipsPsychologue clinicienne
Relations toxiques

Sortir d’une relation toxique et de l’emprise narcissique

Comprendre les mécanismes de manipulation, se protéger émotionnellement, et surtout : ne plus rejouer le même scénario avec quelqu’un d’autre.

Reconnaître l’emprise

Une relation toxique ne se reconnaît pas toujours immédiatement.

Elle peut commencer par une relation très intense, un sentiment de connexion particulière, l’impression d’être enfin compris(e), choisi(e), profondément aimé(e).

Puis, progressivement, quelque chose change.

Les critiques apparaissent. Les contradictions aussi. Vous commencez à vous remettre en question, à chercher ce que vous avez mal fait, à vous adapter davantage, à expliquer, à vous justifier.

Et parfois, sans vraiment savoir à quel moment cela s’est produit, vous ne savez plus très bien ce qui est juste pour vous.

L’emprise s’installe rarement d’un seul coup

Manipulation, culpabilisation, dévalorisation, inversion des responsabilités, contrôle, mensonges, silences, alternance entre proximité et rejet…

Peu à peu, toute votre attention se déplace vers l’autre.

Vous essayez de comprendre ses réactions. Vous anticipez ses changements d’humeur. Vous cherchez la bonne manière de parler, de réagir ou de vous comporter.

Vous doutez davantage de vous-même, de vos perceptions, parfois même de la légitimité de ce que vous ressentez.

Et pendant ce temps, vous vous éloignez progressivement de vous-même.

Vous savez… mais vous n’arrivez pas à partir

C’est souvent l’une des choses les plus difficiles à comprendre.

Vous savez que cette relation vous fait souffrir.

Vous voyez certains mécanismes.

Votre entourage vous dit peut-être depuis longtemps de partir.

Et pourtant, quelque chose vous retient.

Ou vous êtes déjà parti(e), mais le lien continue d’exister intérieurement : vous pensez encore à l’autre, attendez un message, espérez des excuses, doutez de votre décision ou ressentez l’envie de revenir.

Comprendre qu’une relation est toxique ne suffit pas toujours à s’en libérer.

Parce que l’emprise ne se joue pas uniquement dans la tête.

Sortir de l’emprise : trois temps

Comprendre

Mettre des mots précis sur ce qui s’est passé.

Nommer les mécanismes de manipulation, remettre les responsabilités là où elles se trouvent et retrouver une lecture plus juste de ce que vous avez vécu.

C’est aussi cesser de chercher indéfiniment une explication rationnelle qui permettrait enfin de comprendre l’autre.

Pourquoi agit-il ainsi ?

Est-ce qu’il m’a vraiment aimé(e) ?

Est-ce qu’il sait ce qu’il fait ?

Est-ce qu’il peut changer ?

Pour revenir progressivement à une question beaucoup plus essentielle :

Qu’est-ce que cette relation me fait vivre ?

Cette étape permet de sortir du brouillard, de retrouver ses propres repères et souvent de faire retomber une grande partie de la culpabilité.

Se dégager

Comprendre ne suffit pas toujours à défaire le lien.

Le travail porte alors sur les points d’accroche : ce qui, en vous, répond encore à la mécanique de la relation.

La peur de l’abandon. Le manque. La culpabilité. L’espoir. Le besoin d’être reconnu(e). L’attente que l’autre comprenne enfin ce qu’il vous a fait vivre ou qu’il redevienne celui ou celle que vous avez connu(e) au début.

Il ne s’agit plus seulement de savoir que vous devez vous protéger, mais de vous dégager émotionnellement de ce qui vous ramène encore vers l’autre.

C’est ici que l’EFT et l’hypnose régressive peuvent être particulièrement utiles, parce qu’elles permettent d’aller travailler là où la compréhension seule n’atteint pas toujours.

Retrouver suffisamment de liberté intérieure pour ne plus être retenu(e) par le lien.

Reconstruire

Sortir de la relation est une étape. Sortir du schéma en est une autre.

Pourquoi cette relation a-t-elle eu autant de pouvoir sur moi ?

Pourquoi ai-je accepté certaines choses ?

Pourquoi ai-je eu autant de mal à partir ?

Pourquoi est-ce que je retrouve parfois les mêmes dynamiques dans mes relations ?

Il ne s’agit pas de vous rendre responsable de ce que l’autre vous a fait vivre.

Il s’agit d’explorer votre mode d’attachement, de comprendre ce qui, dans votre histoire, a pu rendre certains mécanismes particulièrement puissants et d’identifier la logique de certaines répétitions.

Peur de l’abandon, besoin d’être choisi(e), difficulté à poser des limites, sentiment de devoir mériter l’amour, insécurité affective…

Le travail consiste alors à construire progressivement un lien plus sécurisant avec vous-même.

Retrouver vos limites. Faire confiance à ce que vous ressentez. Vous sentir légitime dans vos besoins. Ne plus avoir besoin de vous suradapter pour être aimé(e).

C’est ce travail qui fait la différence entre sortir d’une relation et sortir du schéma.

Une approche qui ne s’arrête pas à la compréhension

Psychologue clinicienne depuis plus de vingt ans, j’accompagne particulièrement les personnes confrontées aux relations toxiques, à l’emprise et aux problématiques d’attachement.

Parce que comprendre intellectuellement ce qui s’est passé est essentiel, mais ne suffit pas toujours à transformer ce qui continue de se rejouer émotionnellement.

Selon votre histoire et l’étape à laquelle vous vous trouvez, nous pouvons associer différentes approches : psychologie clinique, EFT, hypnose régressive ou constellations familiales et systémiques.

Différents outils pour comprendre, se dégager et reconstruire autrement.

Ce qui guide ce travail
Sortir d’une relation, ce n’est pas encore sortir du schéma.
À savoir

Questions fréquentes

Comment savoir si je suis dans une relation toxique ?

Il n’est pas toujours nécessaire de mettre immédiatement une étiquette sur la relation. Interrogez-vous plutôt sur ce qu’elle produit en vous.

Avez-vous progressivement perdu confiance en vous ? Vous sentez-vous régulièrement coupable ? Devez-vous mesurer vos paroles ou vos réactions ? Doutez-vous de plus en plus de votre perception ? Vos limites sont-elles respectées ? Vous sentez-vous libre d’être vous-même dans cette relation ?

Lorsque le lien vous amène progressivement à vous perdre, à douter constamment de vous ou à vivre dans la peur des réactions de l’autre, il mérite d’être questionné.

Est-ce vraiment un pervers narcissique ?

C’est une question qui revient très souvent. Mettre un nom sur le fonctionnement de l’autre peut parfois aider à comprendre ce qui semblait incompréhensible. Mais l’essentiel du travail ne repose pas sur cette étiquette. Il n’est ni possible ni pertinent de poser à distance un diagnostic sur une personne que je ne rencontre pas. Nous nous intéressons davantage aux comportements présents dans la relation, aux mécanismes qui se sont installés et surtout à leurs effets sur vous.

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à partir alors que je sais que cette relation me fait du mal ?

Parce que savoir ne suffit pas toujours. L’alternance entre proximité et rejet, l’espoir que la relation redevienne comme au début, la peur de l’abandon, la culpabilité ou certaines blessures d’attachement peuvent créer un lien particulièrement puissant. La difficulté à partir n’est donc pas nécessairement un manque de volonté. Le travail thérapeutique permet justement d’identifier et de travailler les points d’accroche qui continuent à vous maintenir dans le lien.

Puis-je commencer une thérapie si je suis encore dans la relation ?

Oui. Vous n’avez pas besoin d’avoir décidé de partir pour commencer un accompagnement. Mon rôle n’est pas de décider à votre place si vous devez rester ou partir, mais de vous aider à retrouver suffisamment de clarté, de sécurité intérieure et de confiance dans vos perceptions pour pouvoir faire vos propres choix.

Pourquoi est-ce que je pense encore à cette personne alors que la relation est terminée ?

Parce que la fin concrète de la relation ne signifie pas nécessairement la fin du lien émotionnel. Le manque, la colère, l’incompréhension, la culpabilité, l’espoir d’une réparation ou le besoin que l’autre reconnaisse ce qu’il vous a fait vivre peuvent continuer à entretenir ce lien. C’est précisément l’un des enjeux du travail de dégagement émotionnel.

Combien de temps faut-il pour se reconstruire ?

Il n’existe pas de durée identique pour tout le monde. Elle dépend de votre histoire, de la durée et de l’intensité de la relation, de l’emprise qui s’est installée et de ce que cette relation vient toucher dans votre propre histoire. Certaines personnes retrouvent rapidement davantage de clarté et de stabilité. Lorsque les mêmes dynamiques relationnelles se répètent depuis longtemps, le travail peut demander davantage de temps.

Les séances peuvent-elles se faire en visioconférence ?

Oui. L’accompagnement peut être réalisé aussi bien au cabinet qu’en visioconférence. La visioconférence permet de travailler sur les mêmes problématiques avec davantage de souplesse, notamment lorsque vous préférez réaliser la séance depuis votre propre environnement.

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La première séance permet de comprendre ce que vous traversez aujourd’hui, où vous en êtes dans cette relation et ce dont vous avez besoin. Nous déterminons ensuite ensemble la manière de travailler la plus juste pour vous.

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